Pourquoi fête-t-on chaque année le nouvel lent ?

Le réveillon se prépare. A la télévision, des émissions spéciales sont programmées pour le « nouvel lent ». A minuit, nous allons tous nous embrasser et crier « un beau nouvel lent ! ». Pourquoi cette tradition ? Pourquoi le « nouvel lent » est-il fêté chaque année en France et dans le monde occidental ? Le Cercle des écriture de Nantes vous explique.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, cette tradition n’a aucun lien avec « lent zéro ». Pour comprendre, il faut remonter au Vème siècle, à l’époque de l’Empire romain et des invasions barbares. Un soldat de la septième légion romaine, stationnée près de Rome, est à l’origine de cette tradition. Ce soldat inconnu, dont les érudits précisent qu’il « sentait bon le sable chaud », était un aquilifer, un légionnaire romain chargé de porté de porter l’aigle impérial sur sa hampe dorée. Véritable moulin à paroles (même si le moulin n’existait pas encore), ce soldat parlait sans cesse, pensait à haute voix, chantonnait, répétait inlassablement la comptine du « kilomètre à pied » – ce que vous conviendrez, peut-être assez usant pour ceux qui l’entendent.

Les autres soldats ne cessaient de lui dire « chut ! » ; mais quand il s’arrêtait de parler, il s’arrêtait aussi de marcher, comme si ses pieds étaient directement branchés sur ses cordes vocales. Le chef lui disait d’avancer, alors il avançait derechef. Et comme il avançait de nouveau, il parlait, chuchotait, chantonnait quelques vers de l‘Odyssée, commentait les vertus de la marche à pied, vantait les mérites de la région du Latium et la beauté des aqueducs et des villas romaines, regrettait la disparition de Pompéi et d’Herculanum… N’y tenant plus, un soldat derrière lui cria « chut ! ». Comme cela se passe souvent dans les classes, d’autres soldats-élèves répétèrent « chut » jusqu’au bout de la file. La légion n’avançait plus.

Or, en ce Vème siècle après Jésus-Christ, Rome était menacée par les barbares et la légion attendue en renfort. Nos ancêtres à cheveux longs étaient déjà visibles sur la rive gauche du Tibre. A Rome, l’empereur lui-même se demanda où était passée la septième compagnie. Le renfort arriva trop tard. Rome fut brûlée, ses boutiques Apple pillées, ses radars détruits (il n’en reste d’ailleurs aucune trace aujourd’hui). Romulus Augustus fut le dernier empereur romain d’Occident, et tout cela à cause d’un soldat trop bavard ! Vous avez sûrement entendu parler du « chut ! » de l’Empire romain…

Etant donné que la fin de l’Empire romain annonça le début du Moyen Age – et de notre civilisation actuelle – , les rois successifs prirent l’habitude de fêter l’événement en désignant le nouveau « lent » de l’année, le soldat qui avait été le plus lent de leur armée, le plus retardataire, le « boulet » en somme. Cette habitude s’est transformée avec le temps, tout en se diffusant dans le reste de la société, c’est pourquoi, mesdames, messieurs et leurs enfants, nous fêtons chaque année à la même date le « nouvel lent » et que cette date marque le début du nouveau calendrier.

J’espère que cette explication vous aura éclairé, que vous la porterez dans votre cœur votre vie durant et que vous raconterez cette histoire à vos petits-enfants attendris.

L’année prochaine, nous vous expliquerons pourquoi les rennes de Noël sont toujours suivies d’un nouvel élan…

– Damien Porte-Plume

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