Podcast littéraire : nous avons interviewé le TolkienBot !

Avant d’écouter le podcast mis en ligne sur YouTube, nous revenons sur l’origine de la création du TolkienBot et sur son modèle, J. R. R. Tolkien, l’auteur du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, adaptés au cinéma par Peter Jackson.

Qu’est-ce que le TolkienBot ? Une simulation que nous avons créée, basée sur de multiple outils utilisant la technologie IA, que ce soit pour collecter les anciennes interviews de l’auteur, en extraire des thèmes et des tournures stylistiques, générer des textes, des voix, des images et mêmes des capsules vidéos.

Qui est J. R. R. Tolkien ? Ecrivain, poète, philologue, professeur de langue et de littérature anglaise à Oxford, il est né en 1895 en Afrique du Sud et est mort en 1973 au Royaume-Uni. Ses plus célèbres romans, la trilogie du Seigneur des Anneaux, le Hobbit et le Silmarillion (publié à titre posthume) font partie d’une oeuvre plus large, centrée autour de la Terre du Milieu et de ses créatures.

Toutes nos représentations actuelles des « elfes », des « nains », des « hobbits » et des « dragons », proviennent de la « réinvention » du professeur à partir de légendes du moyen âge et de mythes pré-chrétiens. On pourrait parler à juste titre du « pudding » de J. R. R. Tolkien, confectionné à partir de croyances chrétiennes recuites dans un chaudron celtique.

Avec Tolkien, nous quittons le domaine ancien du merveilleux pour passer dans celui du « réalisme onirique« , d’un univers immense et cohérent. Autrement dit, ce sont des livres qui « tiennent tout seuls sur leurs pieds », pour reprendre l’expression de Virginia Woolf. Nous nuancerons toutefois notre propos en rappelant que l’auteur est à l’origine d’un essai remarqué (et remarquable) sur la Faërie. Il savait déjà que certaines histoires n’étaient pas faites que pour divertir mais ouvraient sur un monde plus vaste, avec ses propres règles…

Créateur d’univers, il peut être comparé à Franck Herbert, l’auteur de Dune, et H. P. Lovecraft, deux écrivains qui ont également fondé leur propre mythologie. Si J. R. R. Tolkien n’a pas créé la fantasy, il lui a donné sa forme définitive, celle qui donne à l’imagination le pouvoir de créer un monde de A à Z, comme si notre monde n’avait jamais existé (en réalité, dans l’esprit de l’auteur, la Terre du Milieu précède notre époque…). Sans lui, point de Donjons & dragons, point de jeu de rôles, de cycles de fantasy comme ceux de Robert E. Howard (l’auteur de Conan), de Fritz Leiber (avec Fafhrad et le Souricier gris), Jean-Louis Fetjaine (avec sa trilogie des elfes, justement), Raymond Elias Feist (lui-même amateur de jeu de rôles), Terry Goodkind (avec ses leçons du sorcier), Anne Robillard (avec ses Chevaliers d’Emeraude), David Gemmel (parti trop tôt) ou de George R. R. Martin, qui partage avec notre auteur la marque du « double R » !

J. R. R. Tolkien n’a pas seulement décrit la Terre du Milieu, ses peuples, leur mode de vie et leurs légendes, il a également construit des langues, une carte du monde et des arbres généalogiques. C’est là l’extrême originalité de cet écrivain : non pas inventer des langues pour enrichir l’univers de ses romans, mais créer une mythologie, des noms de dieux et de héros, juqu’aux romans eux-mêmes, afin de donner vie aux langues créées, notamment les langues elfiques.

Le choix de Tolkien pour simuler une personnalité disparue et l’interviewer relève donc à la fois de l’hommage, de la nostalgie et de l’admiration que nous avons pour cet auteur. Si la simulation par IA se base sur les interviews passées de l’auteur, entre autres écrits, l’entretien lui-même se déroule à notre époque et les questions posées au TolkienBot tiennent compte de notre monde actuel et de son actualité. Il s’agit donc aussi bien d’une simulation de personnalité que d’une forme d’uchronie : si Tokien était toujours vivant, qu’aurait-il pensé à propos de ceci ou de cela ? En ce sens, il s’agit proprement d’une fiction, nous n’avons pas la prétention de faire les morts, d’autant que Tolkien ne parlait pas français !

Par ailleurs, le terme de « TolkienBot » permet de souligner la proximité avec les chatbots, l’instrument que nous avons créé n’ayant fait que répondre à nos questions, avec la possibilité de lui poser d’autres questions par la suite. Car c’est la véritablement ce que nous avons créé : un chatbot spécialisé.

Si nous nous refusons d’utiliser désormais l’IA pour l’écriture (voir nos 8 raisons pour ne pas utiliser l’IA si vous écrivez), nous ne considérons pas que cet entretien fictif appartienne au domaine de la littérature, mais plutôt à celui du journalisme. Enfin, et c’est là l’ironie de l’histoire, notre engagement provient en partie des propos de TolkienBot concernant « la corruption par la machine« , un concept inventé par Tolkien à une époque où le numérique n’existait pas encore mais qui semble pouvoir s’y appliquer aujourd’hui.

Ce premier podacast, en plus d’être un hommage et un défi technique, inaugure une série de podcasts littéraires, où nous espérons bien interroger des écrivains de leur vivant !

– Damien Porte-Plume

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