Alpha-lecteur, bêta-lecteur et les autres, qui sont-ils ?

Alpha-lecteur, bêta-lecteur, sensitive reader, correcteur professionnel, mais aussi lambda-lecteur, tau-lecteur et comité-lecteur, il existe divers types de lecteurs auxquels vous pourriez être confrontés si vous écrivez.

Tous les lecteurs ne se ressemblent pas, certains sont plus utiles à l’écrivain au début de son projet, d’autres sont plus spécialisés et interviennent plus tard, quand le premier jet est terminé, d’autres encore sont à éviter. Le Cercle des écritures vous explique.

Les lecteurs de vos premiers écrits

L’alpha-lecteur : il fait partie de vos proches, c’est un membre de votre famille, ou un ami d’enfance. Il relit votre manuscrit en cours, morceau par morceau ou chapitre par chapitre, c’est à vous de trouver le bon rythme avec lui. Il vous critique peu, vous donne quelques idées et vous encourage surtout. L’alpha-lecteur, c’est votre fan club personnel, votre supporter, votre pom-pom girl (ou boy), votre ChatGPT toujours content de vos idées. L’alpha-lecture est particulièrement précieuse au début de l’écriture ; Il existe tellement de raisons de ne pas écrire qu’un peu d’enthousiasme débridé ne fait pas de mal. Ne lui en demandez pas plus. Un alpha-lecteur n’est pas un bêta-lecteur. Ne confondez pas les deux pour éviter les incompréhensions.

Le bêta-lecteur : le bêta-lecteur lit votre histoire quand elle terminée ; il lit, critique, applaudit, rélève les coquilles, les répétitions, parce que ça l’agaçe en lisant. Un conseil : ne donner pas votre manuscrit à lire tant que vous ne l’avez pas relu. Ca peut être frustrant pour vous, mais ça évite de transformer la bêta-lecture en séance de correction d’orthographe. Vous profiterez mieux de ses critiques. Plus un bêta-lecteur critique, mieux c’est (jusqu’à une certaine limite). Malheureusement, le bêta-lecteur reste un aamateur et, s’il pointe les problèmes, il ne peut pas vous guider vers les solutions, les bonnes techniques d’écriture. Pour cela, il faudra faire appel à un tuto-lecteur (voir plus bas).

Le lambda-lecteur : le lambda lecteur, plus connu sous le nom de « lecteur lambda », est un lecteur moyen, ni inculte, ni grand lecteur ; il lira votre récit à une vitesse moyenne et donnera des avis moyens, entre 2 et 3 étoiles sur 5. Pour le lecteur débutant, faire appel à un lecteur lambda peut être rassurant mais il est plutôt d’une utilité moyenne.

Les lecteurs spécialisés

Le sensitive reader : le sensitive reader est un lecteur américain de la côte Est des Etats-Unis. Très présents à New York, les sensitive readers louent leurs services de relecture aux écrivains blancs hétérosexuels qui n’arrivent pas à se mettre à la place de leurs personnages quand ils sont trop différents d’eux. Si vous ne trouvez pas de sensitive reader près de chez vous, développez votre empathie. Or, quel meilleur moyen de développer son empathie que de lire des livres, des romans, et de s’identifier aux personnages ? Travaillez dur et faites-vous plaisir.

Le correcteur professionnel : il corrige professionnellement, pas seulement l’orthographe, la conjugaison, la grammaire, la syntaxe, mais aussi les tournures stylistiques mal venues, les incohérences de scénario, les changements de prénoms en cours d’écriture (ça arrive plus souvent que vous ne le pensez !), la mise en page et la typographie. Les maisons d’édition possèdent toutes un ou plusieurs correcteurs professionnels, car c’est un métier plein de subtilités. Si vous débutez dans l’écriture et que vous avez des faiblesses de ce côté-là, vous tirerez bénéfice de faire appel à un correcteur indépendant pour peaufiner votre manuscrit et lui donner plus de chances d’être publié. Ce conseil vaut aussi pour l’auto-édition, évidemment.

Le tuto-lecteur : lecteur ô combien utile et nécessaire, le tuto-lecteur pratique le tutorat d’écriture, un accompagnement à l’écriture qui peut commencer en amont de l’écriture ou plus tard. Ses conseils sont toujours personnalisés, avec de vrais outils qui vous font réfléchir et avancer dans votre pratique d’écriture. En France, on ne le trouve que dans une seule association. Cliquez ici pour savoir laquelle 😉

Le pi-lecteur : lecteur savant, trop peut-être. Particulièrement utile pour affiner votre récit, trouver le bon équilibre dans votre scénario et éviter de tourner en rond, il a toujours quelque chose à ajouter. Le pi lecteur est un perfectionniste, sachez-le. Ecoutez-ce qu’il vous dit mais sachez y mettre un terme, avec tact et politesse. Arrondissez les angles, en somme.

Le comité-lecteur : le comité-lecteur fait partie d’un comité de lecture dans lequel se trouve plusieurs comités-lecteurs indépendants. C’est parfois un ami de l’éditeur, parfois un littéraire, parfois aussi un écrivain qui cherche un complément de revenus. Leur rôle est de pré-sélectionner les manuscrits qui attérriront sur la table de l’éditeur, avant le choix final. Le comité-lecteur évalue et « note » votre manuscrit. Sachez-le : si les premières pags ne sont pas bonnes, il y a de fortes chances qu’il ne lise pas votre roman en entier. Vous n’aurez pas son retour directement mais l’éditeur recevra une fiche qu’il utilisera – ou non – pour vous envoyer un mail et justifier son refus. Dans quelques cas, rares, les comités-lecteurs tombent d’accord sur un manuscrit, il a vraiment du potentiel, il est génial même. L’affaire remonte aux oreilles de l’éditeur qui décroche alors son téléphone et vous appelle pour vous annoncer la bonne nouvelle : vous allez être publié !

L’oméga-lecteur : oméga est la dernière lettre de l’alphabet grec ; l’oméga-lecteur représente le lecteur en bout de chaîne, l’éditeur, le directeur de collection, cette divinité capable de vous faire passer d’un claquement de doigt de la station de métro Denfer-Rochereau à l’avenue des Champs Elysées, où se trouve le siège social de la maison d’édition. Tout le monde rêve d’atteindre l’oméga-lecteur, l’équivalent du Big Boss dans les jeux vidéos. D’aucuns disent que ce n’est qu’une légende, une sorte de yeti littéraire. Selon eux, l’oméga-lecteur serait un mythe forgé par un cénacle de grands écrivains qui contrôle le monde de l’édition depuis l’antiquité…

Les lecteurs qu’il vaudrait mieux éviter

Le zêta-lecteur : type de lecteur qui ne peut pas s’empêcher d’ajouter sur les pages qu’il lit un z qui veut dire zêta.

Un lecteur qui surgit hors de la nuit
court vers la lecture au galop…


Le delta du Nil lecteur : mauvais alpha-lecteur ; incapable de vous orienter parmi les différents suites possibles de votre histoire, il est le pire ami de de l’écrivain débutant.

L’hannibal lecteur : après voir donné des remarques très pertinentes sur la psychologie des personnages, il a une fâcheuse tendance à manger les manuscrits qu’on lui soumet, agrémenté de typex frais et d’un coulis de stylo rouge.

Le mu-lecteur : type de lecteur qui se transforme au cours de la lecture de votre récit ; ses avis ne sont pas les mêmes au début qu’à la fin, il se contredit et vous en ressortez confus, désorienté. A éviter à tout prix.

Le nu-lecteur : type de lecteur qui lit nu, il préfère comme ça. Lecteurs pudiques s’abstenir. A noter que cette étrange manie a également son pendant chez les écrivains… Lire notre article à ce sujet.

L’iota-lecteur : lecteur pointilleux, voire myope, il critique la moindre chose, soulève d’infinies questions concernant l’emploi d’une virgule. L’iota-lecteur est une sous-catégorie du chi-lecteur (voir ci-dessous).

Le chi-lecteur : lecteur chi est un lecteur énerv ; il n’a rien compris à votre rom et se positionne pourt comme un lecteur spécialisé. Malgré sa bonne volonté, c’est vite lass. Voire désespér. Evitez-le.

Le tau-lecteur : type de lecteur qui se lève tôt pour lire votre manuscrit et vous donner un retour rapide, ce qui est toujours utile. Toutefois, prudence : le tau-lecteur fait un très mauvais alpha-lecteur, car il voudra toujours que vous écriviez la suite et vous harcèlera – littéralement- tant que vous n’avez pas terminé votre récit.

En référence au film Misery, inspiré du roman éponyme de Stephen King

Le psi-lecteur : lecteur particulier agaçant parce qu’il analyse tout ce que vous écrivez sous un angle psychanalytique ; il ne parle pas de l’histoire mais de son auteur. Les drames l’intéressent particulièrement, ils sont toujours le symptôme de quelque chose de plus profond. Ce qu’il dit peut parfois être vrai, ce qui est d’autant plus dommageable : vous risquez alors de passer de la fiction à l’autobiographie, puis de l’autobiographie à la cure thérapeutique – avec ou sans cachetons.

La liste n’est pas exhaustive. N’hésitez pas à ajouter vos propres types de lecteurs en commentaire. Jeux de mots, parodie et second degré bienvenus.

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