A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars 2026, nous avons souhaité apporter notre contribution à une réflexion sur la place de la femme dans notre société, du point de vue de la littérature.
Il a quelques années, nous avions été touché par le beau travail sur de Laure Adler et Stepan Bollmann, Les femmes qui lisent sont dangereuses (et ses différentes déclinaisons par ville…). Nous avons souhaité leur rendre hommage et poursuivre leur réflexion sur les femmes qui écrivent…
Des tableaux, plus anciens que l’on ne l’imagine, présentent en effet des femmes en situation d’écrire. Qu’écrivent-elles exactement ? Une lettre, un poème, un récit de vie, une oeuvre romanesque ? Les tableaux ne parlent pas, et c’est dommage. Nous savons uniquement que les femmes ont toujours écrit, nous pourrions dire « ‘dans la marge » de l’écriture masculine. Songeons à Colette et à Mary Shelly, qui écrivaient dans l’ombre de leur mari ou compagnon.
Vous pouvez feuilleter le fascicule de 8 pages sur Heyzine ou Calameo.
Aperçu :
Le monde littéraire a évolué et nombreuses sont aujourd’hui les femmes écrivains dans notre société. Pour ne citer que les autrices françaises (ou francophones), citons Nathalie Sarraute, Marguerite Yourcenar, Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Andrée Chedid (pour la poésie), Virginie Despentes, Maylis de Kerangal, Léïla Slimani… Dans ce qu’on appelle la « littérature de genre », on peut également citer des autrices contemporaines comme Fred Vargas et Sandrine Colette (pour le polar), Claude Izner (pour le polar historique), ainsi que feu Vanessa Terral, Justine Niogret et Estelle Fay (pour les littératures de l’imaginaire).
Les femmes ne se contentent pas de lire, elles écrivent également. Alors que la plupart des lecteurs sont des lectrices, on constate cependant que la plupart des auteurs sont des hommes. Par « auteurs », nous entendons les écrivains publiés. Cela veut-il dire que les hommes préfèrent un rôle actif et que les femmes, pour reprendre un vieux préjugé, préfèrent « rêver », « imaginer », à l’instar de Madame de Bovary ? Si nous élargissons aux pratiques d’écriture des femmes, en incluant les ateliers d’écriture, nous nous apercevons encore une fois que les femmes sont les plus nombreuses à écrire, et même à beaucoup écrire, régulièrement, intensément. Elles ne recherchent pas nécessairement à écrire un roman, elles ne pensent pas nécessairement à publier un jour.
Il ne s’agit pas non plus, pour ce que nous avons pu observer, d’un simple loisir ou divertissement : il s’agit d’un véritable intérêt pour la langue, les livres, les auteurs et l’actualité littéraire, qui s’insère lui-même dans un champ plus large qui est celui de l’art, du dessin, de la peinture, etc. La littérature, pour le public féminin que nous rencontrons sur les ateliers d’écriture, n’est jamais une forme d’art exclusive. L’écriture se vit comme une forme d’expression artistique parmi d’autres. Une femme aussi impliquée dans l’écriture que Marguerite Duras aura aussi été scénariste et réalisatrice. D’autres femmes écrivent des histoires et peignent des tableaux, d’autres encore inventent des poèmes et chantent, dansent ou montent sur scène.
Ces remarques n’essentialisent pas la femme, ne la définissent pas par opposition à « l’homme ». En effet, il existe également des écrivains qui ont touché à d’autres formes d’art : Victor Hugo et la gravure, Emile Zola et la photographie, Saint-Exupéry et le dessin…
Pour autant, nous pensons que l’écriture, « cette parole qui reste », tient une place à part au sein de la culture. Le fascicule que nous avons produit ressemble à un « extrait » d’un livre plus abouti. Il pourrait être aisément prolongé avec des peintures d’autres époques, et même des photographies. D’autres, peut-être, reprendrons ce travail…
– Damien Porte-Plume
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