Nous avions déjà observé l’étrange disparition de la statue du quartier Bouffay dans notre Eloge littéraire du pas de côté.
Des témoins nous ont rapporté un étrange phénomène, plutôt inquiétant : la statue d’Anne de Bretagne s’est animée, elle aussi, et a quitté son emplacement en face du château de Nantes. Elle s’est éloignée d’un pas rapide, refusant les selfies que les touristes lui demandaient.
Elle a déambulé dans les rues pavées qui entourent le château. On l’entendait murmurer, avec une voix assourdie par le bronze qui la compose : Chez les ducs... Qui allait lui annoncer qu’il n’y avait plus de ducs à Nantes, que la Révolution avait renversé la noblesse et que le château, son château, servait aujourd’hui à accuellir une exposition sur les sorcières, par exemple ?
Elle semblait perdue, presque triste. Certains craignent qu’elle ne se dirige vers le musée Dobrée pour récupérer son coeur – ou ce qu’il en reste – conservé dans un reliquaire en or. S’était-elle réveillée pour empêcher une nouvelle profonation, après le cambriolage de 2018 ?
D’autres mettent ce réveil en lien avec l’animation de la statue du Bouffay et l’approche de la Saint-Valentin. D’autres encore craignent que le « réveile des statues » se propage dans d’autres régions et qu’elles se promènent toutes dans les rues, au lieu de rester sur les places ou dans les musées. Ce serait la ruine ! nous confie le directeur d’un musée qui contient des mannequins de cire à Paris (mais nous ne révelerons pas son nom).
Les hypothèses vont bon train, y compris celle, complètement farfelue, d’un lien entre ces statues et l’ouverture prochaine d’un atelier d’écriture sur Nantes. Certes, Anne de Bretagne savait écrire, et probablement bien, avec une jolie plume et du parchemin, mais on ne voit pas pourquoi son âme, qui est montée au Ciel en l’année mille cinq cent quatorze après la naissance de notre Seigneur Jésus-Christ, serait revenue s’incarner dans une statue pour s’asseoir à une table et écrire des histoires.
Allez-savoir…
– Damien Porte-Plume


Laisser un commentaire